jeudi 9 février 2017

Le Front National est-il En Marche ?

Le Front National est-il En Marche ?

Il ne reste que 73 jours avant le premier tour de l'élection présidentielle et cinq candidats qui concourent pour le duel au soleil du second tour.

Cinq candidats, comme les cinq doigts d'une main posée sur la joue d'un enfant, désobéissant aux ordres de parents dépossédés de l'autorité naturelle.

http://histoiregeo34.canalblog.com/archives/2012/10/12/25314588.html
Cinq candidats, comme les cinq doigts d'une main que l'on serre lors d'un déplacement de campagne pour récolter des voix.

Cinq candidats, cinq doigts, chacun occupant un rôle précis.

Un coup de pouce du destin, mettant à l'index les majeurs que nous sommes, une alliance du meilleur et du pire, l'annulaire amputé par des ragots dont l'auriculaire s'est fait le porte-voix.

De gauche à droite, nous retrouvons un poème, une quinte de toux, un quinté perdant, une mélodie de "on", un point d'orgue de "haine".

Du quinté, nous passons au tiercé (dans le désordre)

Mélenchon    Hamon/Macron/Fillon    Le Pen

1. Mélenchon

Le candidat de "La France Insoumise" pourrait récolter selon un dernier sondage Elabe entre 12 à 13% des voix (pour ma part il peut viser 15%) à cause de l'effritement du bipartisme (PS/Républicains), de la division de la Gauche Plurielle et de la naissance du mouvement En Marche.

Les électeurs potentiels seraient en dehors des militants du Parti de Gauche : les opposants au bipartisme, au candidat Macron, les électeurs séduits par le discours "tribun hologramme", les électeurs "volatiles" et enfin le refus du programme de B. Hamon.

2. Le trio Hamon-Macron-Fillon

Le rassemblement des voix des trois candidats se résume à une polarisation de la vie politique au niveau des extrêmes. Cette tectonique des plaques politiques trouve sa cause dans le refus des candidats d'appareils.

Les soupçons de détournement de fonds publics, d'emplois fictifs, d'abus de biens sociaux, récurrents et récents, abiment l'image des candidats de ce trio. Les erreurs de l'un condamnent les trois.

https://fr.fotolia.com/id/104719228
Au lendemain de la conférence de presse de F. Fillon, le sondage précité, d'Elabe pour BFM TV et l'Express propose une projection qui ne surprend pas. Il est à noter que pour réaliser cette étude (7 au 8 février 2017) l'institut Elabe a testé deux hypothèses, l'une incluant la candidature de François Bayrou, l'autre excluant qu'il se présente.

Toutes hypothèses confondues les résultats sont sensiblement les mêmes.


- Au premier tour, la présidente du Front national arriverait en tête avec 25,5 à 26% des intentions de vote.
- Elle serait suivie du leader d'En Marche, crédité de 22 à 23,5%.
- En troisième position, François Fillon, recueillerait 17 à 18% des intentions de vote.
- Benoît Hamon arriverait alors en quatrième position en totalisant 15 à 15,5% des intentions de vote.

Selon ce sondage, le constat est le refus des partis qui ont gouverné et présidé la France depuis 1958.

3. Marine Le Pen (et aussi les autres)

La candidate d'extrême droite progresse. C'est le constat.

De la défaite de Nicolas Sarkozy, en passant par le « Penelope Gate », Marine Le Pen est restée plus ou moins silencieuse.

En effet, après l'échec de Manuel Valls et l'absence de François Fillon, le thème "sécurité et lutte contre l'islamisme radical" s'est retrouvé orphelin. Aucun candidat, aucun, ne s'est emparé du sujet.

Lors de son meeting à Lyon, capitale des Gaules, elle a délivré un discours, simple, efficace, limpide et court.
Tout cela, relativement aux deux autres politiciens en visite à Lyon.

- En effet, au même moment - les médias ayant opté pour la retransmission du discours de MLP - Jean Luc Mélenchon et son hologramme demandaient à Benoît Hamon de "couper des têtes" avant de se rallier. Ceci un cri retentissant dans les nuits de la Terreur.

- Emmanuel Macron quant à lui, en disciple d'Aristote, tentait de battre des records avec un discours trop long, un slogan éponyme, des applaudissements en arythmie avec l'intonation du candidat péripatéticien (étymologiquement en grec "se promener") ou ambulancier (du latin ambulare "se promener") qu'il tente d'être ... à vous de choisir.

Bilan. Marine Le Pen continue à "siphonner" tout l'électorat de gauche à droite en stratifiant à cinq étages symboliques.

1/ Un père Président d'Honneur, garantie d'un électorat historique.

2/ Elle-même, capitaine d'un navire dont les pirates ne se cachent plus en public, la piraterie est devenue tendance.

3/ Une nièce, semblable à une sirène en triptyque, 1/3 Poisson (Jean Michel), 1/3 Fillon (sans Pénélope) et 1/3 Fantasme (voir l'article publié l'année dernière / 12 février 2016 - "Marion Maréchal-Le Pen et Emmanuel Macron fantasmes des Français pour la Saint-Valentin")

4/ Un confrère, Gilbert Collard, avocat médiatiquement connu dont la rhétorique et l'emphase plaisent aux électeurs historiques.

5/ Le fou du roi, Florent Philippot, passé par HEC, Dauphine, l'ENA et l'Inspection Générale de l'Administration, gaulliste et souverainiste. Il incarne le renouveau d'un parti qui existe désormais dans les Grandes Ecoles. C'est le racolage des élites.

Cinq niveaux, comme les cinq doigts de la main.

La main, qui caresse, qui rassure, qui punit, qui corrige mais qui vote.

Voter est un droit. Faites-le, avant d'être montré du doigt.

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